Le 1 novembre 2020, jour de la Fête des Morts

Le 1 novembre 2020, jour de la Fête des Morts


Nathalie Torrejon :

Pau, Samedi 31 octobre 2020, 18h30. Les tronçonneuses vrombissent encore alors que la nuit vient de tomber, comme s’il fallait tout effacer au plus vite !

Petit rappel des faits…

Le 21 octobre dernier, lors du passage de Barbara, une des tempêtes dont le Béarn semble devoir s’accoutumer à l’automne, un chêne séculaire a eu la mauvaise idée de tomber sur la salle de danse et de judo de l’école des Lilas. Certes, cette salle était un vieux préfabriqué mal isolé et chauffé avec des grilles-pains électriques, bref, une vrai passoire énergétique… Mais, avouons-le ; il rendait bien service quand même en abritant les activités de l’Amicale Laïque des Lilas avec des cours de danse, de judo et j’en passe. Tous les jours, midi et soir, sans parler de l’accueil des enfants pendant les interclasses et le célèbre loto annuel de l’école. Ouf, cela s’est passé pendant la nuit mais, vous imaginez si cela était arrivé quand les enfants étaient dans le bâtiment ?

Mais qui est responsable ? Le vieux chêne qui n’a pas su résister à cette tempête à laquelle ses deux cents ans d’existence ne l’avaient pas préparé ? La Xème tempête à laquelle il a du faire face depuis 2 ou 3 ans, lui qui vivait depuis toujours tranquille dans une région connue pour n’avoir pas ou que très peu de vent ? Le parking semi-enterré construit il y a une vingtaine d’année à 5 mètres de lui et qui, petit à petit a fragilisé ses racines ? Il est évident que, coincé entre le parking et le bâtiment, avec un espace de 12 mètres alors qu’il possédait une couronne de 20 mètres de diamètre, il devait commencer à se sentir à l’étroit !

Mais enfin, quand même, il est tombé ! Et heureusement que les enfants n’étaient pas dans la salle quand ça s’est passé !

Jeudi 29 octobre, les tronçonneuses commencent à vrombir dans le Quartier des Lilas. Vite, pour des raisons de sécurité, ils dégagent l’arbre avant le retour des enfants à l’école lundi…

Samedi 31 octobre, les tronçonneuses vrombissent toujours. Bizarre, le vieux chêne serait-il coriace ? Mais bien sûr que non ! Ne soyons pas naif.ve.s ! On ne peut pas le toucher tant que les assurances n’ont pas établi leur constat ! L’urgence consiste à couper un autre vieux chêne séculaire, de manière… préventive ! Trente mètres de diamètre cette fois et au moins autant de hauteur, vous imaginez s’il tombe sur l’école quand les enfants sont là ! D’accord, il n’est pas coincé entre deux bâtiments mais quand même, l’école est à une quinzaine de mètres, donc, s’il tombe, il peut tomber sur le bâtiment.

Et puis, vous comprenez, des experts ont rendu leur rapport : il présentait une fourche suspecte ! Il était certainement malade… Au vu des belles coupes franches réalisées avec minutie par les élagueurs, il pourrait être intéressant d’analyser ce rapport. Monsieur le Maire, est-il possible d’y avoir accès ? Et quand bien même, si vraiment la fourche était suspecte, n’aurait-on pas pu la ceinturer comme cela a été fait à un autre chêne de l’autre coté de l’école ?

Ha oui, j’allais oublier : ce chêne offrait une ombre bienfaisante à cette école construite en préfabriqué il y a moins de 10 ans et à laquelle il avait déjà fallu ajouter une climatisation car les salles de classes avaient été méthodiquement orientées à l’Ouest. Maintenant que le chêne n’est plus là, on va pouvoir booster la clim !

Combien de temps va-t-il falloir attendre et combien d’arbres amis va-t-il falloir abattre afin de comprendre enfin que ce ne sont pas eux les responsables, mais qu’ils sont les victimes directes et visibles du dérèglement climatique provoqué par le comportement de certains humains. Abattre les arbres et climatiser les bâtiments sont les revers d’une même médaille ! Celle de l’inconséquence et de la bêtise humaine.

A l’heure qu’il est, il ne reste plus que le tronc et les moignons de branches élaguées. Mon cœur a pleuré toute la journée d’hier en entendant les tronçonneuses ! Mais de quel droit, pauvres petits humains que nous sommes, pouvons-nous abattre sans sommation des arbres séculaires !

Arbre abattu école des Lilas à Pau
Un chêne centenaire abattu dans la cours de l’école des Lilas