Lettre ouverte à l’attention des citoyens et du maire de Pau

Lettre ouverte à l’attention des citoyens et du maire de Pau

Lettre ouverte à l’attention des citoyens et de M le Maire de Pau, François Bayrou

Fin décembre, le collectif Au Pied Des Arbres a reçu une lettre signée du maire de Pau en réponse à la pétition (1450 signataires) déposée en mairie le 14/11 dans laquelle nous demandons :

 un moratoire sur l’abattage de chaque arbre dans notre ville de Pau ;
à être associés aux projets d’urbanisme qui impactent les espaces verts ou les arbres ;
 que les projets d’urbanisme futurs intègrent dans leur cahier des charges la préservation en l’état des éléments
naturels vivants ;
 des études de botanistes et d’entomologistes pour connaître la biodiversité à Pau, les essences remarquables ;
 le classement d’arbres remarquables à Pau et sur l’agglomération, ainsi que leur protection au titre des monuments et du patrimoine ;
 l’engagement de la ville et de celles de l’agglomération dans le label « ville respectueuse de l’arbre« .

La mairie ne nous autorisant pas à diffuser sa réponse sur les réseaux sociaux, nous avons choisi de diffuser la nôtre en
« lettre ouverte ». Nous observons qu’il n’existe pas de lien entre la lettre-réponse de M. le Maire et la lettre du collectif :
cette lettre ne répond ni à nos inquiétudes ni à nos demandes.

Cette réponse ne prend pas en compte le fait que l’arbre est un être vivant, avec lequel nous vivons en harmonie, dont nous sommes dépendants , et pas un équipement urbain. Au lieu d’envisager la préservation des arbres, il est question de gestion, d’expertise, d’investissements importants, d’évaluation, de remplacement et de sécurité ; les décisions sont prises dans un esprit d’ingénierie, déconnectées d’un réchauffement climatique de plus en plus rapide dont nous protègent ces arbres (d’un point de vue strictement profitable de nature anthropocentriste…). Sur un plan qualitatif, cette protection des fortes chaleurs a lieu quand les arbres sont en ville, et non en périphérie et cela est aussi vrai pour le stockage de CO2 et l’absorption des poussières néfastes à notre santé. Sur un plan quantitatif, il est notoire que dix jeunes plants ne parviennent pas à remplacer un arbre adulte avant plusieurs décennies.


Le courrier fait référence à la sécurité des habitants ; est-elle réellement une priorité ? La minéralisation des espaces urbains est un déni du réchauffement climatique et des impacts sanitaires engendrés. Nous avons d’autres exemples, comme les voies cyclables, inexistantes ou mal élaborées ; sans prise en compte de l’avis des usagers et à l’origine d’un grand nombre d’accidents. Des arbres par dizaines, voire centaines, sont abattus pour des raisons de projets urbains et non de réelle sécurité des habitants. Nous considérons que la référence à la sécurité des habitants est une imposture.


Il est question d’abattre les arbres malades. Mais abat-on un humain malade ? On le soigne, entoure, encourage et il peut guérir ! Et quelles preuves aurons-nous de ces « maladies », quelle transparence existe-t-il, notamment concernant les nouveaux équipements ? Nos interlocuteurs sont à la fois juge et partie. De quelle maladie étaient atteints les arbres abattus cours Lyautey ; seraient-ils malades d’être situés sur le trajet du « BHNS » ?


Il est aussi question d’ « abattre les arbres mal implantés », mais quel droit accorde-t-on à l’Arbre en tant qu’être vivant ? Mais qui les a placés là, il y a parfois des siècles ? Quel respect cette pseudo modernité accorde-t-elle au travail des anciens ? « Seront coupés les arbres devant être abattus », mais pour quelles raisons ? Les synonymes du verbe abattre sont nombreux : exterminer, décapiter, massacrer, assassiner, exécuter, flinguer, descendre, etc. Quel crime ont commis ces êtres vivants pour être traités de la sorte ? Dans quel tribunal ont-ils été jugés ? Quel droit à la défense ont-ils eu, et leurs concitoyens que nous sommes ? Plus loin vient « le principe du bon arbre au bon endroit ». Mais qui décide qu’est-ce qu’un bon arbre ? Qu’est-ce qu’un bon endroit ? De quel droit l’usager, le citoyen est-il écarté de ces réflexions ? Comment se fait-il que ces décisions soient prises dans un esprit cartésien d’ingénierie, loin des usagers des espaces publics ?


Les mots qui nous sont adressés sont savants et calculés, mais déconnectés de notre intérêt pour la qualité de vie dans les espaces publics, verdoyants et bénéfiques. Nous souhaitons que les arbres soient une contrainte de projet au même titre que les tuyaux de gaz ! Nous savons qu’un arbre entretenu avec considération vivra des centaines, voire des milliers d’années ! Nous voulons être associés aux choix concernant ces espaces pour qu’ils continuent à être propices aux rencontres et à la vie citoyenne ; pour qu’ils continuent à contribuer à un ralentissement du stress quotidien.


Nous voulons être mis au courant de l’ensemble des projets d’abattage en cours, connaître les plannings, pouvoir organiser des vrais consultations et débats publics, ouvert à tous, NOUS SOMMES TOUS CONCERNÉS ET SOUHAITONS ÊTRE TOUS CONSULTÉS !! Voilà la seule réponse acceptable à nos inquiétudes !


Le collectif au pied des arbres
aupieddesarbres@gmail.com * www.facebook.com/aupieddesarbres/ * http://www.aupieddesarbres.org/